Felix Concaret



Félix Concaret, le fondateur des Cadets de Chalosse,

Pionnier du basket landais et martyr de la résistance.


Félix Concaret est né le 25 octobre 1899 à Nicole dans le Lot et Garonne où son père est cantonnier aux chemins de fer. Il présente le concours d’entrée à l’Ecole Normale de Dax où il est reçu et il est titulaire du Brevet Supérieur en mars 1918.
En avril, il est appelé au service militaire. Après l’armistice, il participe à l’occupation de la Rhénanie et il est démobilisé en 1921 comme officier de réserve.

Témoignage de Jean Bédoura, un de ses anciens élèves :

« Monsieur et Madame Concaret étaient aimés et respectés des habitants à 90% paysans, auxquels ils n’hésitaient pas à rendre service. Ils les instruisent de leur mieux, enseignent la morale, la politesse. Ils initient enfants et adultes au théâtre, les Gaujacquois montaient sur scène. Monsieur Concaret enseigna le solfège et créa une fanfare dont il était participant, le chef venait de Pomarez. Il avait 35 élèves dans sa classe (C.M. et cours supérieur préparant le certificat d’études).

Après la classe, il donnait des cours du soir aux adolescents une ou deux fois par semaine. Avec son ami, l’adjudant Piéri, il s’occupait de la préparation militaire. Les jeunes de communes voisines venaient aussi, car le certificat obtenu leur permettait de choisir leur affectation au plus près et de pouvoir aider leur famille aux moments des grands travaux. Passionné de chasse, il organisait des séances de tir sur une butte. En arrivant au régiment, les jeunes n’étaient pas des « bleus ».

Il créa une des premières équipes de basket des Landes et il aimait arbitrer.

Dans tous ces groupes il sut imposer une discipline.

« On travaille, on s’amuse, on ne gaspille pas »

Après son premier poste à Cachen, puis en 1922 à Hagetmau, il se marie en 1923 avec une jeune institutrice, Mademoiselle Germaine Saint Jean et ils obtiennent le poste double de Gaujacq, monsieur à la tête de la grande classe, madame à celle des petits.

En 1928, il fonde les Cadets de Chalosse. En 1936, il est nommé président du District des Landes qui devint par la suite comité des Landes dont il conservera la présidence jusqu’en 1945.

Monsieur et Madame Concaret souhaitaient rester à Gaujacq jusqu’à la retraite, mais ils sont contraints de quitter la Chalosse pour les études de leurs filles nées en 1925 et 1929 et obtiennent Tarnos près de Bayonne, Monsieur dirige l’école de garçons et Madame celle des filles. Ils continuent leurs activités sociales dans un milieu très différent : la population est composée en grande partie des ouvriers des Forges de l’Adour au Boucau.

Mobilisé en 1939, Monsieur Concaret est démobilisé en 1940. Les troupes d’occupation ont réquisitionné son école, les classes ont lieu un peu partout, à l’auberge, dans les fermes. C’est dans le cadre de la formation des apprentis des Forges que Monsieur Concaret entre dans la Résistance.

Son certificat d’appartenance au Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.) précise «s’occupe activement dès 1942 au passage de Français libres et des Parachutistes Alliés en Espagne vers la France libre (non occupée avant novembre 1942). Fait partie du Groupement de Résistance de Bouillard, entrepose à son domicile des armes et des munitions parachutées à Ychoux en 1943 et qui serviront à armer les maquisards landais ».
Il a également facilité des évasions de prisonniers noirs de Labenne.

Il est arrêté le 14 juin 1944 en gare de Bayonne par la Gestapo et deux miliciens français.

Madame Saubusse, née Marcelle Maurincomme, fille de l’ancien Président des Cadets de Chalosse raconte : « Ce jour là, il participait à la correction du Certificat d’études à Peyrehorade. Madame Concaret qui avait appris qu’on allait l’arrêter lui fit parvenir un message : « Vas-t-en à Dumène » (une maison de Gaujacq sur la route de Brassempouy).

Monsieur Concaret craint des représailles contre sa femme et ses filles. Il choisit de revenir chez lui. Il ne pensait certainement pas qu’on l’attendrait à la gare. D’abord gardé à la Kommandantur de Bayonne pendant 12 jours, il est transféré au Fort du Hâ à Bordeaux où il restera jusqu’au 8 juillet 1944, date à laquelle il est transféré par le Train Fantôme à Dachau où il ne parviendra que le 28 août 1944.

Ce train ne pouvant parvenir en Allemagne par Paris, à cause des combats de Normandie est donc passé par Toulouse, Nîmes et Lyon après de multiples arrêts dus aux bombardements alliés détruisant des voies et des ponts, comme celui de Roquemaure sur le Rhône où les 700 déportés durent faire à pied 17 km  pour rejoindre un autre train à Sorgues. Cet incident eut lieu le 18 août 1944, 3 jours après le débarquement des alliés en Provence !

Le 10 septembre 1944, il est transféré à Mauthausen, puis le 21 septembre, dans le Kommando de travail de Melk, situé sur le Danube à 30 km à l’ouest de Vienne. Il est mort d’épuisement et de mauvais traitements le 8 janvier 1945 demeurant jusqu’à la fin un exemple de courage et de patriotisme.

Coupe du Challenge Félix ConcaretLe comité des landes décidait le 11 Octobre 1945 que son nom serait désormais associé au Challenge venant récompenser le plus haut titre masculin départemental, celui d’Excellence. De son coté la FFBB lui décernait a titre posthume la médaille d’or.

Monsieur Concaret, instituteur à Gaujacq, était un de ceux de la vieille école qui pensait que le rôle d’éducateur ne se limitait pas aux murs de l’école, ni aux heures de classe.

Au bourg de Gaujacq, devant la salle des sport baptisée « Paul Lacoste », ancien maire de Gaujacq, deux gros piliers abritent chacun une billetterie. Sur l’un d’eux une inscription «  Cadets de Chalosse » et sur l’autre « Stade Félix Concaret ».

A l’école de Gaujacq, on peut voir sur un mur de son ancienne classe une plaque « A la mémoire de Félix Concaret, instituteur à Gaujacq de 1923 à 1937, mort en martyr le 8 janvier 1945 au camp de déportation de Melk ». Au cimetière, sur sa tombe où reposent ses parents, une autre plaque précise « à l’âge de 46 ans ».

Enfin, une école de Tarnos porte son nom.

A titre posthume, il obtiendra la Médaille de la Résistance et la Légion d’Honneur.

Source : Cadets de Chalosse & Paule Gastellou (les Amis d'Amou)