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La Coupe de France.

C’est au cours de la saison 52-53 que Gaujacq connu l’une des plus belles pages de son histoire avec leur parcours épique en Coupe de France. Epopée fantastique certes, encore présente dans toutes les mémoires, dont voici le récit. Juste hommage pour ceux qui, avec les vertus propres à notre race, firent connaître à travers toutes la France le nom de leur village et la valeur du basket Landais.

Coupe_France_1953Exempts au premier tour, la belle aventure commençait pour les Cadets de Chalosse par une confortable victoire (50-30) à Bordeaux sur les jeunes de Saint-Augustin. Toujours à Bordeaux, le C.A. Béglais (61-46), le S.A. Bordelais (58-47) et l’U.S Chatelaillon (53-30) sont les nouvelles victimes. Nouveau succès, acquis cette fois à domicile en 1/32e de finale sur Gaillac (62-45).
Aussi, loin de passer inaperçue, la venue du P.U.C. à Gaujacq en 1/16e de finale attirait autour de l’antique terrain des arènes, boueux à souhait pour la circonstance, 4000 spectateurs enthousiastes. Leurs espoirs ne furent point déçus, le P.U.C s’inclinant à son tour, 60 à 43.

Voici les faits relatés dans la presse nationale : « L’exploit est venu du sud Ouest, de Gaujacq, dans les Landes. Hier inconnu, ce petit bourg de 720 habitants desservi par un train qui s’arrête à 7 kilomètres du pays, une seule fois par jour est maintenant la vedette numéro 1 du basket français. Les Cadets de Chalosse en portant le P.U.C, où il manquait Gravas et Antoine, à leur tableau de chasse, ont réussi le miracle des seizièmes de finale. Ce succès de joueurs volontaires, ardents et qui ont bénéficié d’un terrain où l’on s’enfonçait jusqu’à la cheville n’est pas la seule surprise de la dernière journée dominicale. »

En huitièmes de finale et à Bordeaux, les Cadets de Chalosse s’imposent avec difficulté face au club Parisien de Champonnet (65-62).

L’engouement que suscitait cette aventure fabuleuse en coupe de France connut son point d’orgue le 15 mars 1953 devant 10000 spectateurs, en folie écrasés dans les arènes de Plumaçon. Les Cadets se déferont du Stade de français. Plus qu’une victoire c’est une leçon que les Cadets de Chalosse ont offert au basket national, une leçon d’état d’esprit et d’amour du maillot. La cohésion affective des acteurs de cette chevauchée inoubliable allait donner à notre village, une identité indélébile.

CDC / Stade Français (Arènes de Mont de Marsan)

CDC_ASVELEn demi finale, les Cadets de Chalosse défie à Paris, le grand Villeurbanne de Buffière. Ce match avait attiré de nombreux parisiens alléchés par la perspective d’un beau spectacle. Encouragés par tout le public parisien et de très nombreux supporters landais qui les accompagnaient, les Cadets de Chalosse se surpassent et mènent 28 à 25 à six minutes de la fin de la première mi-temps. Le Capitaine de Villeurbanne A. Buffière calme alors le jeu, fait circuler la balle en l’air au bout des bras de ses plus grands joueurs. Les « Cadets » surpris s’énervent, ils manquent plusieurs paniers par malchance et par incroyable maladresse ; Villeurbanne l’emporte par 79 à 47. En finale, ils se déferont de Mulhouse pour remporter la coupe de France 1953.

Suite à cette rencontre, Pierre Lisse écrivait dans la presse : « Le miracle n’a pas eu lieu ! Le conte de fée des Cadets de Chalosse se termine au « Vel d’Hiv » contre Villeurbanne, champion de France. Il ajouta également : « Comment est-il possible de trouver dans un village de 604 habitants les éléments d’une équipe qui se paie le luxe d’arriver en ½ finale de la coupe de France de Basket-ball ? C’est certainement un fait exceptionnel dû surtout aux remarquables qualités physiques et morales des frères Carrere et de leurs camarades joueurs. »

De son côté, « Radar », journal de l’époque résume ainsi l’épopée des Cadets de Chalosse : « La belle aventure de la petite équipe landaise des Cadets de Chalosse est terminée ! En beauté ! Ils se sont inclinés à Paris devant Villeurbanne ! Gaujacq, leur village a connu la gloire et la sympathie de tous. »

Enfin, l’ouvrage : « Un demi-siècle de basket landais » de Jean Dessis publié en 1976 mentionna au sujet de cette fomidable aventure :

« GAUJACQ ! 604 habitants en 1953, 503 habitants en 1972, un village modeste et charmant de la pittoresque Chalosse, entre Amou et Hagetmau, à l’écart des routes nationales.
Autour de la placette, servant d’arènes pour les courses Landaises, et du terrain de basket « Félix Concaret », l’école publique, la maison du président M Mauricomme, la boulangerie-épicerie de l’ancien capitaine Carrere et, dans les coteaux environnants, quelques fermes isolées.
En 1953, ce village inconnu est célèbre dans toutes la France et en Europe.
Son équipe de basket « Les Cadets de Chalosse » composée de solides gaillards, dont quatre frères Carrère va vivre une épopée fantastique, unique dans les annales du basket français, connaître la notoriété des champions et conquérir la sympathie unanime de tous les publics en accédant aux demi finales de la coupe de France de basket-ball après avoir éliminé les meilleures formations nationales ».

Ci dessous, une vidéo d'époque remémorant cette incroyable épopée et ci contre un lien vers le récit complet de l'aventure : l'épopée Coupe de France

Cadets de Chalosse de Gaujacq - 1953.

Deuxième rang, de gauche à droite :
Bernard CAPDEVILLE, Robert PETIT, Henri LONNE, YVES MERVILLE, Roger CARRERE.

Premier rang, de gauche à droite :
André DUBOUT, André CARRERE, André LACOSTE, René CARRERE.